LA CHAIR DU MONDE (2005)

Ode à des herbes folles, pâquerettes, liserons, chèvrefeuilles, trèfles etc.
 
La chair du monde, bien sûr que ça ne veut rien dire
Cela reste en-deçà des significations
Mais ça murmure et ça volute et ça respire
Et ça s’étire et c’est diapré et c’est drapé de chevelures
Ça bouge et ça s’agite en des clameurs de sève et de douceur poilue
En vrille avec des hampes avec des jambes en ville
sur un pied ça s’étoile et se branche et puis ça projectile
 
La nuit le jour avec ses tiges ça fait des signes allumés
ça volubile et ça danse à la lune
ça liseronne et ça foliole et ça potironne à la brune
Ça sait monter ultra-léger délicat et nyctitropique
Ça se déhanche et se tortille et ça se dresse et ça se hisse
Oui, ça grimpe à la corde lisse, mais pas tout droit, cela tournoie
Ça sauvageonne et se trémousse ça circonfléchit ça pendule
Balance mille archets lance au loin mille antennes rosit cent pédoncules.
 
Ô douce agitation du monde au ras du sol, murmure du soleil
Qui serpente entre nos orteils,
La nuit le jour tu fais des boucles et des accroche-lune
Tu applaudis et puis tu boudes tu bats des feuilles ou tu t’emplumes
Tu es goulue de lune et de rosée
La nuit le jour tu fais des signes insensés
Des dessins merveilleux sans rime ni rature
La nuit le jour tu fais des signaux à l’azur.
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