BÉRÉNICE N’EST PAS DÉPRESSIVE (2008)

De toutes façons, Bérénice n’est pas dépressive ! Elle ne sait pas ce que c’est. Quand elle se lève le matin, toute sa vie n’est pas à reconstruire, depuis A jusqu’à Z. Elle ne se lève pas brouillardeuse comme un fragment de tombeau… Elle pose le pied au sol et va boire son café dans un monde qui l’attend, qui existe déjà, qui lui offre une continuité. C’est pour ça qu’elle peut y aller. Que sa voie est simple, qu’elle y va franco. Son ardeur, sa ferveur d’enfant qui prend tout au sérieux n’est pas périodiquement sapée par une voix intérieure qui ricane (la dérision, l’émiettement, la fragmentation, la culpabilité, le siècle, l’éducation, la condition de femme…)
Moi, c’est ce qui m’arrive.
En plus une autre voix proteste, celle de la petite fille : « Assez ! Vous me persécutez !! Vous me dévorez ! Vous n’êtes jamais contents ! Vos exigences sont insatiables ! Pourquoi diable ferais-je une œuvre ? Brillerais-je ? Ne suis-je pas aimable comme ça ?? »
Prise dans la spirale d’une injonction paradoxale intériorisée, il me faut lutter contre un ricanement intérieur tout en élevant par ailleurs une protestation légitime contre un vieux négrier sadique auquel j’accorde évidemment beaucoup trop d’importance.
Épuisant, non ?
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