J’écris des textes où l’amour, la prière
et l’absence, se mêlent ingénument.
Chouette alors, se dit-elle,
je vais à ce groupe de recherche spirituelle – mettons quelques guillemets –
donner à lire ces textes où je me reconnais.
Aussitôt, je suis triste. Non, ces textes sont faits
pour des gens plus lointains, des horizons plus vastes. D’énigmatiques silhouettes
chez qui l’on n’est jamais entré – dont on ne connaît pas les bibelots ridicules.
En fait, des sortes de fantômes – ce qu’on appelle un public.
On n’écrit pas pour ses voisins. Mais pour des ombres qui tremblotent.
Bizarre. Écrire des poèmes,
est-ce que c’est pour ses proches ??
Allons ! lui répond l’autre,
mais qui t’est proche ? Ces gens-là sont-ils proches ? Chacun veut s’affirmer.
Personne n’écoute personne. (Il y a pourtant dans ce groupe une personne…
une personne ou deux…. allons, peut-être trois – oui, je sais, c’est énorme)
C’est un groupe d’héritiers
qui se croit libéré, sans préjugés – c’est humain de se croire
bien mieux que tout le monde …
– Ah, tout le monde !
Je voudrais tout le monde

