Raser ses prétentions, du moins en apparence. Faire la modeste
On ne l’est guère, en fait, modeste.
Ou bien on a dépassé ça ?
Ayant beaucoup perdu on n’a plus rien à perdre ??
Ayant connu la chute d’Adam, le silence de Rimbaud ?
Ayant chu ?
Ou bien accepté tout bonnement
Que le poème ne soit que ce qu’il est
Accepté que ce soit juste une voix juste
Sa petite voix à soi
Saupoudrer à plaisir tous ses textes du mot « petit »
« Petit, petit »… tout est petit
« petit, petit… » On appelle les oiseaux
Le chœur de ces « petit » clame en sourdine « grand, grand, très grand… » !
Comme une excuse
Tromper le destin
Amadouer
Avoir l’air petit quand on veut la grandeur
Humble pour mieux se dissimuler son orgueil
Cacher, jouer à cache-cache
Ne pas sourire quand on explose de joie
Ne pas pleurer quand on perd son père et sa mère
Tromper le sort
Ruser. Feinter.
Toréer avec le destin
Quel est ce monde dans lequel je suis plongée ?
Ce monde antique, barbare, qui se vengerait si je réussissais ?
Se déchaînerait si j’existais au grand jour
M’exprimais autrement que dans l’ombre ?
Autrement que masquée ??

