Quel silence effrayant, m’écris-tu
Et moi d’un ton léger réponds : turlututu !
C’est que je me suis absentée dans mes terres
Étais-tu obligé de te taire ?
Que nos messages deviennent laconiques !
Trois mots, deux phrases, on n’a plus la musique
Ni le mot frétillard. De nos gosiers avares le dialogue asthmatique
S’étrangle et grésille atonal
Il n’est pas effrayant, ce silence, il est triste
Il rend ce mai pluvieux presque automnal
Mais de le dire je l’effrite un peu

