MARÉE DE CORPS MARÉE BLAFARDE (RER A VERS HOUILLES)

Marée de corps marée blafarde
Marée que farde
le dégoût le mépris la pitié l’odeur fade
Bouches qui font la moue, genoux
qui trop lents et trop peu se replient
Cuisses qui s’écartent et prennent
à la pudeur exaspérée
la place qui était la sienne
Alors on fixe le lointain
mais le lointain n’est pas très loin c’est la promiscuité
Depuis un bon moment quelqu’un vous observait
œil fourbe ou bien farouche suant le Jugement dernier
On est inquiet. Mais qu’est-ce que j’ai ?
On s’embroche à la haine de cette fille au bonnet
enfoncé plus bas que sourcils
Vite, mon crayon ! Vite, mon carnet !
Sa répulsion et son antipathie
pour le monde entier dont je suis
sont plus intéressants qu’un spectacle interdit
Je voudrais en faire un croquis.
C’est si somptueux que j’en ai honte.
Museau décervelé jument hagarde
le métro me regarde
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