2021

1984 INDÉCISION

Mars 1984 (surtout qu’on ne me rattrape pas, pas de flagrant délit d’exister…) Ma panique à propos d’un congrès de bioéthique à Louvain Bizarre cette indécision. Partir en disant qu’on ne part peut-être pas. Mettre le réveil à cinq heures du matin et prendre le train à 10 h 23, pour Bruxelles. Laisser le moment […]

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1984 LES HOMMES DE LA FAMILLE (NOUVELLE)

Cette courte nouvelle décrit à sa façon les complications éducatives de l’après-divorce, mais sans analyses savantes. Plutôt en tentant de laisser passer quelques informations croisées à travers des mots empruntés à la vie de tous jours. Les conseils de classe, parlons-en. Sur le bulletin de Fiston  III, ils avaient griffonné “section  E conseillée” parce qu’il

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1977 JE VAIS CHEZ L’ANALYSTE UNE ÉTOILE À MON NEZ

1er octobre 1977J’ai rêvé que Michel revenait ce matin, transformé en beau jeune homme-fille. Yeux plissés, désinvolte, accompagné d’une vieille dame. Il a passé, dit-il, un très bon week-end délicieux. Je lui dis : «  Tu te rends compte que je t’ai attendu samedi ? »Je le regarde et je n’aime pas cet air de

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MAI 1981

25 mai 1981 Lundi. Sentiment d’avoir un cœur trop gros, qui cogne contre les côtes. Une façon de fumer suicidaire, une angoisse devant la moindre lettre à faire. – métier de distributrice de lettres. Je me vois comme Gaspard Hauser, muette, titubante, une enveloppe cachetée à la main, remplie d’un texte que quelqu’un d’autre aurait

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SPIRITUALITÉ (2012)

C’est un groupe de retraités, et nous discutons spiritualité.La chose est assez distinguée. « Si je comprends bien vous avez tous un sacré problème avec la transcendance.Et moi j’ai un sacré problème avec l’absence de transcendance. »Je ronchonne car je trouve un monde sans transcendance parfaitement plat.(vous savez comme ces femmes que l’on dit plates

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1980 TOUSSAINT

JEUDI 29 OCTOBRE 1980 Ce soir, j’ai accompli tous les gestes de la vie quand on est sur la terre : un rituel simple, et cependant interminable, de pénétration dans la nuit et de conversation avec les choses. J’ai fermé les volets de ma chambre, remarqué la fraîcheur de la nuit, puis tiré les rideaux, en

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1981 MON PREMIER COMITÉ DE RÉDACTION

Sans doute vis-je assez bien mon incompétence et les angoisses qui accompagnent mon premier comité de rédaction. Du moins, maintenant que j’en suis sortie, est-ce avec une certaine satisfaction de moi-même que j’analyse mon aisance dans la perdition. Ma capacité/incapacité de supporter de ne pas dominer la situation, mon absence totale d’ambitions personnelles dans cette

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MA RADINERIE (2005)

Embêtant de ne plus pouvoir emporter du bureauDes liasses de papier machine pour mes petits travaux perso.À Beaubourg, je remarque empilée une belle masse de feuilletsqui ne semblent noircis qu’au recto,Programme du lundi 17 janvier 2005, Tarifs/price,Heures/hours, Manifestations/events, Espace/areaMine de rien, l’air très distingué,J’en saisis une pleine poignée.Rentrée chez moi je les insèreDans mon imprimante,

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JE VEILLE LES TEMPS MORTS (2005)

Ma vie est sporadique je vais boire dans les creuxJe veille les temps morts j’espionne aux entre-deuxM’intéresse aux boiteux aux salles d’attente aux queuesJe guette aux autobus veille aux jours de souffranceRacle les interstices bois aux puits de distance m’enivre de non-lieuxJe suis mélancolique j’ai le spleen frénétiqueJ’attends les bouffées du ciel bleu

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LA SAINTE CÉCILE DU BEL ALEXANDRIN PERDU

Vous aimeriez que quelqu’un vous réponde.Mais vous n’avez que Dieu à vous mettre sous la dent.(Et Dieu, c’est vraiment peu.) Vous fantasmez que vous êtes inaudible, car trop tonitruanteinaudible comme les prophètespire, vous soupçonnez que vous êtes de la graine des victimes émissairesde celles qu’on envoie au désert pour se charger de vos pulsions de

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MES PETITS PERSONNAGES

IIls cherchent leur équilibreils cherchent leurs motsIls cherchent leurs mouchoirs Ils cherchent parfois leur têteOu bien ai-je pu la fourrer ? IIIls sont désordonnésmes petits personnagesun peu enfantinsun peu grammairiensun peu génies de la lampe d’Aladinun peu comme ci, un peu comme ça.Ils se déhanchentSavamment démantibulés. IIIAucun rapport, sinon d’aporieAucun lien, sinon de bizarrerieAucun accord, sinon

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HOMMAGE À LA FONTAINE

J’ai aimé ma vie. Lorsque j’entendscomme un reflux sonner dans mes tympansle bruit, le bruissement familierd’une fable de La Fontaineson buissonnement son chant du merle je me souviens alors comme si j’y étaisà quel point j’ai aimé la vieoù l’on me murmurait ces choses – ces sons qui continuenttout doucement obstinément de bruiredans mon par-cœur

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LE MILIEU DE TA VIE (2007)

Sous tes pas élastiquesbâillaient des intersticesChanson d’excavatricesle temps était très gristu franchis l’inconsciencece jour-là tu te disque dans ce lieu banalque brossaient les rafalesà l’église romanesonnait l’heure médianeentre asphalte et acierle milieu de ta viepassait sous ce pont grisles hommes t’adoraientquand tu faisais la fièrehélas c’était hiertu te sentis très fadeperdre ta cruautéquelle idée témérairetu

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PONTS DE PARIS – Pour JOACHIM (2020)

Quand tu viendras je t’emmèneraimarcher sur les quais. Tu verras.Comment va ton pied ? Sus à l’ouest.Salut vieux Pont-neuf. Je traverse.Quai du Louvre, dis-moi quelque chosePont Royal, quelle est ton histoire ?Et toi, port de la Conférence, d’où vientce nom évoquant la rencontreentre solennelles puissances ?Quoi ? Que dis-tu ? Qui que quoi qu’est-ce ?Que

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LE PETIT DÉVOLU

Il est joli ce velouté qui vole dans l’ivresseDe ses volutes emplumées comme un petit vélo !Je vois ses jambes s’agiter dans l’allégresse,Et, lorsque se déplie la musique des mots,Je vois un volant qui bondit dans les airs, une voileQui se rapproche élégamment du firmament.———————-L’écheveau des sonorités se dévide au galop.J’envie le petit dévolu qui

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