EXPO PARIS 2011. MAIS OÙ EST DONC PASSÉ LE ZÈBRE ?
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EXPO PARIS 2011. MAIS OÙ EST DONC PASSÉ LE ZÈBRE ? Lire la suite »
œuvres exposées Partagez0 Partages
EXPO PARIS 2013. PAYSAGES DE L’INCERTITUDE Lire la suite »
Le 1er décembre 2004 Document joint (pas envoyé) Frédéric, serais-tu devenu mon journal ? Mon directeur de correction (oh le lapsus !! je voulus dire de collection) ? Écrivons-nous un roman par lettres ? Et pourquoi faudrait-il un roman ?? Eh, bien, parce que MARiNO = ROMAN plus i Romain ? Main (d’)or ? Roma®in,
DÉCEMBRE 2004 EST-CE AINSI QUE NAÎTRAIT L’ŒUVRE (DE LETTRES PAS ENVOYÉES) ? Lire la suite »
Éblouie Éblouie à Beaubourg par les petits carnets Du peintre Jean Hélion dans la vitrine Éblouie le même soir par la lecture d’un livre acheté (exemplaire de démonstration) en solde dans l’échangeur de la gare du RER, Poèmes de métro, de Jacques Jouet : un écrit chaque jour Éblouie par leur discipline. PS facultatif. Éblouie des
MARDI 18 JANVIER 2005. PETITS FAITS SAILLANTS DE LA JOURNÉE D’HIER Lire la suite »
De don sans cause nous rêvons Surgi de l’avenir plutôt Que par le passé décidé De don sans trêve nous causons de cadeaux plus grands que raison Indécrottable est l’espérance Nous voulons la munificence Suffisant, non, rien ne nous suffit Rien ne nous cause suffisance. En cet instant je me demande en rêvassant à
DE DON SANS CAUSE SUFFISANTE (2005) Lire la suite »
Jeudi 16 septembre 04 Long coup de fil de Lucie Badiou. Elle s’est fait une entorse à la cheville et se désole de ne pouvoir venir pour la rentrée de l’atelier de nu demain. « C’est toi la première à qui je téléphone, dis-bien à Laurent et aux autres que… est-ce que tu viendrais me donner
Bonjour Annita, Encore un dimanche où je flotte entre deux eaux, mais dans un certain calme intérieur. Sur l’ordinateur je feuillette mon album de photos numériques – plus de huit mille clichés. Je reviens dessus, je médite. Contraste entre ce foisonnement d’images et le silence des mots, la difficulté des phrases, contraste entre la rétention
20 JUIN 2004 BONJOUR ANNITA Lire la suite »
Je marche, et sur le trottoir Rue de Tolbiac ils me dépassent. Impression d’être une limace Ou bien de dériver, au gré De quelque méandre caché Des hommes jeunes me dépassent Ils me sèment, ils sont déjà loin À toute allure, comment font-ils ? Catapultés droits comme des i Un fil à plomb centre
À TOUTE ALLURE, COMMENT FONT-ILS ? (2005) Lire la suite »
Dans l’étreinte où en suis-je De la course où j’essuie Dans l’Univers pas clair D’ailleurs je n’y suis guère Les mots tout de travers Où en suis-je où en suis-je ? La question ce vent saoul Se fige ou se résout Du jeu entre deux mondes Genou d’entre deux tombes Étroit sillon où ni L’un
DANS L’ÉTREINTE OÙ EN SUIS-JE (2007) Lire la suite »
Dimanche 1er février Deuxième jour du stage « collage ». Rue Jean-Pierre Timbaud, attroupement d’hommes qui assiège la mosquée. Qu’est-ce qui se passe ? À l’atelier d’Olivier, pour une fois, pas rencontré d’obstacle intérieur. Ni lamentation ni nausée. « Le collage, ça me convient. Comme ça, je ne rencontre pas le mot peinture, qui me paralyse. Tout,
FÉVRIER – MAI 2004 Lire la suite »
L’émiettement, la dispersion, le psychisme labile, et l’écriture pour rassembler, lutter contre la grande fuite au fond de l’évier. Donner forme. Cent pour cent d’accord. Pourtant, une réticence. Ne pas donner tête baissée dans le sauvetage. Pourquoi ne pas plonger un peu dans la dilution fondamentale de notre expérience de nous-mêmes ? La grande
LIQUIDITÉ (2008) Lire la suite »
Nous n’avons pas été heureux mais nous avons connu des joies – beaucoup de joies. Les joies étaient brillantes et scintillantes comme les étoiles du ciel. Elles sont, comme elles, inhabitables. Nous avons appris dans la nuit d’été Que la joie est inhabitable. Mon éternité, dit Dieu, est inhabitable. Comme la joie,
JOIES INHABITABLES (2012) Lire la suite »
8 janvier 04. Exercice de style (ou d’expression sentimentale et française) Consigne : Veuillez remplacer je vous prie dans le texte qui suit l’expression “ ça m’a fait quelque chose” ou “ ça m’a fait drôle ” par un verbe plus précis. Ça m’a fait drôle de me retrouver au Louvre avec Olga qui croquait devant un café
JANVIER 2004 ÉCRIRE LES OCCASIONS MANQUÉES Lire la suite »
Exposition organisée tout le mois de juillet 2021 à Montolieu (sauf le lundi) à côté de Carcassonne.Venez ! Pour entrevoir l’expo, clic clic Partagez0 Partages
EXPOSITION MARIE-NOËLLE MATHIS/BÉA BOUBÉ Lire la suite »
Ah, je m’en raconte des histoires Plutôt que de me voir ! Vite, servez-moi à boire Non, pas besoin d’alcool J’ai tout ce qu’il me faut Dans ma caboche Caboche ! Chères petite syllabes (pétillement) Revenues de mon enfance Mais qui disait « caboche » ? Papa, maman, grand-mère ? Amour de la grammaire
DANS MA CABOCHE (26 AOÛT 2020) Lire la suite »
2002 BRIBES 10 novembre 2002. Plongée dans Colette, l’édition du Fleuron, qui vient de chez mon père. Sous le charme. « Le visage humain fut toujours mon grand paysage. » Je couvre les feuillets bruns de papier recyclé que m’a offerts Clara d’ovales, d’yeux, nez, bouches. Deux par feuillets, ovales bleu outremer, fentes bleues, arêtes
2002-2003 BRIBES EN VRAC Lire la suite »
25 avril 2000. Mon anniversaire. Soixante ans. Rémy et Olga ont organisé chez eux ma fête d’anniversaire. Catherine m’offre une nappe, Cléa deux bougeoirs de céramique, les enfants un frigidaire jaune, et, en prime, Rémy – il n’a pas pu s’en empêcher, sans doute les puces de Vanves -, un énorme masque africain (1 mètre
2000-2001 CLÉA ET LE PHALANSTÈRE Lire la suite »
Le 9 novembre 98 Lu dans le Figaro-magazine chez maman un compte rendu de livres sur les grands-parents, l’un de Martine Segalen, l’autre de Claudine Attias-Donfut. Il y aurait deux périodes dans la vie des grands-mères. Une brillante et pimpante, à la cinquantaine, où elles se rendent utiles et aident, et voient leurs petits-enfants dans
NOVEMBRE 1998 PAUVRE MAMAN Lire la suite »
Jeanne qui me dit au téléphone : “Quoi ? Tu n’as toujours pas de secrétaire ! ! Et ça fait combien de temps ? Je compte sur mes doigts : “Michèle est partie le 1er mars… trois mois.” — Mais dépêche-toi d’envoyer une lettre recommandée, sinon on pourra dire que tu as accepté la situation ! Grouille ! ne laisse pas traîner !
1998 LA REINE DES ABEILLES (SOUFFRANCE AU BOULOT 2) Lire la suite »
Souvenez-vous qu’elle était triste et ne voulait pas le savoir Souvenez-vous qu’elle était gaie c’était encore en son pouvoir Souvenez-vous qu’elle était seule et que l’objet de ses amours était perdu depuis toujours Et ce fut Dieu. Ce fut un ange. Ce fut le Temps, ou une frange entre la Terre et le
TRISTE ET GAIE (2007) Lire la suite »
Vendredi 27 mars 1998 Place de la Sorbonne. Je cherche un café pour travailler. Il a plu, temps gris. Coca à 18 francs. Avant de venir, allongée sur mon lit (mon côté grande malade), lu le long compte rendu de lecture de G. Neyrand sur l’ouvrage de Jacques Commaille. Intéressant. Moins le compte rendu qui n’est
1998 SOUFFRANCE AU BOULOT Lire la suite »
16 mai 1999 Aujourd’hui, anniversaire de Rémy et Olga. Rémy a 36 ans (déjà !) et Olga 40…. “Je ne me suis jamais sentie aussi jeune”, m’a-t-elle dit jeudi (Ascension). Clara est repartie de la rue Boussingault vendredi matin : finalement, si je ne suis pas allée à Ambax (avec Marijo, Hubert et Véro) à cause
1999 POURQUOI J’AI DU MAL À ÉCRIRE Lire la suite »
Jours d’AVRIL avec psy Puisque tu as demandé à naître puisque tu as choisi un très mauvais moment puisque tu es une désœuvrée qui travaille tout le temps puisque tu n’es jamais à l’heure puisque tu t’oins de fuite et de tangente dis-leur ! dis-leur que tu as trop à faire tes zézaiements
PUISQUE TU AS DEMANDÉ À NAÎTRE (2013) Lire la suite »
26 septembre 98 C’est demain dimanche Coup de fil d’Elisabeth : elle a installé Internet, Word etc. sur son macintosh à vendre, aujourd’hui elle a la voiture, elle me l’apporte ce soir. Moi, coup à l’estomac : ça s’appelle ferrer le poisson. “Pas du tout ce qui était convenu ! Tu devais m’inviter un soir chez toi, voir
1998 L’ARTICLE SUR LA COMMUNICATION FAMILIALE PAR INTERNET Lire la suite »
Sur le symbole une anecdote d’adolescence m’est revenue dans la rue, une petite histoire sans importance, assez insignifiante. J’étais en classe de première, je revois encore le tablier bleu indigo à plis lâches, informes. Nous le passions au-dessus de l’uniforme bleu marine comme une robe de femme enceinte par-dessus le corset de l’enfance. Je me
1997 UNE PETITE ÉTOILE BLANCHE Lire la suite »
Début mars 1997 Je marche derrière Beaubourg avec Clara, nous regardons la fontaine si drôle de Niki de Saint-Phalle et son comparse bricoleur (oublié son nom, vraiment je perds la mémoire). Pour elle, ce sont les vacances d’hiver. Moi, je viens de rentrer dare-dare de Toulouse, réveillée à huit heures du matin chez Chantal par
1997 MARS-AVRIL Lire la suite »
Le répondeur clignote. Toujours un peu peur des messages qui m’attendent quand je rentre. J’appuie. Un silence. Puis : « Ah oui c’est vrai… Euh… Marie-Noëlle, c’est Gilles à l’appareil… je reçois demain les enfants à déjeuner, et si tu avais voulu te joindre à nous… tu aurais été la bienvenue…Aujourd’hui samedi… Rappelle-moi. »
1996 ENCORE UN RV RATÉ Lire la suite »
Elles sont épinglées là : https://www.pinterest.fr/marienoelle0864/_saved/ Partagez0 Partages
MES AFFICHES ÉPINGLÉES Lire la suite »
« Je n’ai plus besoin de l’amour, car l’amour est en moi ». Il me semble avoir entendu dire cette phrase par Marie. En tout cas elle m’a dit quelque chose. Sans doute en suis-je moi aussi arrivée à ce point ? Mais comment ? Peindre, sans doute, pour faire surgir de moi, derrière des couleurs et des formes,
1995 PEINDRE (SÉMINAIRE SUR LE SENS) Lire la suite »
Je crois que j’y ai été « pour lui faire plaisir ». Pour ne pas la perdre. Partager cela avec elle, avoir encore quelque chose à se dire. Ses propos dithyrambiques sur ce stage. Séduite. Attirée. Mais, dans sa façon d’en parler, un petit quelque chose me coince, comme si je n’avais aucune possibilité d’y échapper sans
1997 FIN DU FORUM D’INITIATION LANDMARK (À CAUSE DE CLÉA) Lire la suite »
Ah ce moment si intéressant si intéressant si surprenant où assise sur mon siège de métro je m’inquiète car je me demande – oui, je me le demande – s’il est vraiment possible que je change de posture pour me mettre debout, sortir. Ce moment de sacrum chatouillé d’électricité parcourue de fourmis frissonnantes comment
AH CE MOMENT SI INTÉRESSANT (Dans le RER) 2010 Lire la suite »
Esprit es-tu là ? Je ne pense pas que Dieu m’a abandonnée, mais je pense qu’il me fait la gueule. Ce n’est pas une scène de ménage, mais une longue bouderie. Comme un malentendu pesant, sans récriminations directes. On vit ensemble mais on ne se parle plus. J’ai beaucoup de reproches à lui faire. C’est
1996 ESPRIT, ES-TU LÀ ? (DIEU, SAINTE-MARIE, LES HOMMES ET MOI) Lire la suite »
C’est magique, absolument magique, chaque fois que je commence mon journal, ma vie change. Tout bascule dans un nouveau jour, un jour lustré d’ultraviolets qui inversent le clair en foncé et le foncé en clair. Comme avec Michel tout à l’heure sur le tapis. À tout ce que j’écris je comprends que je vis beaucoup.
1977 UN ANGE PASSE Lire la suite »
15 avril 1989 Dans le train ça les embête quand on écrit en face d’eux. Ils avaient tiré les rideaux du compartiment. Elle connaît bien la chose : je fais pareil, souvent , dans le Paris-Nantes, avec Boris. « Rideaux tirés » veut dire immanquablement : « Il reste des places, mais on ne veut
1989 DANS LE TRAIN AVEC CHARLOTTE Lire la suite »
Je vais m’arrêter là. Inutile de décrire la suite. Nous ne nous en sommes jamais remis, de ce voyage, Gilles et moi. Moi, en tout cas, je n’en suis jamais revenue. Ou plus exactement, je suis revenue chez moi à l’état de revenante. Comme si soudain il n’y avait plus personne. Aux Saintes-Marie de la
PETITS POUCETS 1967 Lire la suite »
Le monde est un grand dictionnaire vous savez.Je lui ai dit j’ai envie de changer de ville, de genre de vie, de mari. Elle était blonde et charmante et de très bonne famille, comme le témoignait son patronyme à roulettes, elle avait des lunettes, le type anglais, le sourire chaud et une jupe roide grise.
1965. L’ENVAHIE (PUBLIÉE EN 1968) Lire la suite »
Article du Monde Publié le 05 octobre 1968 à 00h00 – Mis à jour le 05 octobre 1968 à 00h00 Temps de Lecture 2 min. DIRE de » l’Envahie « , premier livre de Dominique Proy, qu’il est surtout le récit d’une expérience mentale serait à coup sûr le desservir. Par un de ses aspects (le
« L’ENVAHIE » de Dominique Proy par André DALMAS. Lire la suite »
JUILLET 1985 Je prends le train, je vais voir papa à la clinique de « convalescence » de Boissise-le-Roi où il stagne. Il n’arrive pas à remarcher. Il a peur. Avec son Parkinson, ses gestes ne se coordonnent plus. « Je suis obligé de penser à chaque pas que je fais… rien ne se fait
1985 MORT DE PAPA Lire la suite »
LE 8 MAI 1985 Adieu Strasbourg, adieu ville perdue ! Je n’irai plus là-bas.Frédéric à deux heures téléphone que ça y est, il est nommé à Versailles. Il commence le 20 mai. « Tu seras logé ? C’est plus ou moins prévu… on m’installe une infirmerie dans un collège de filles. »Je ne lui propose pas de venir
1985 ADIEU STRASBOURG Lire la suite »
Tu sais, quand le matin je m’installe à l’ordinateurPour travailler quelque poème,Je pense que ce sera bref. Et que vers les onze heuresJe pourrai revenir à la vie ordinaire Laver de la salade rôtir quelques courgettes éplucher un peu d’ail. Redevenir normale.Mais l’heure passe. Et je lorgne tout en basDe l’écran, chiffres blancs virginaux sur
TU SAIS QUAND LE MATIN (2006) Lire la suite »
MERCREDI 13 FÉVRIER 1985. Ce soir, je rentre suffisamment tôt pour intercepter Rémy qui est là de passage. Son visage est sérieux. “Tout va bien…. vraiment très bien. (Au téléphone, il me disait la semaine dernière “tout baigne”). … Ça y est, je me suis installé chez Anne. un deux pièces à Montmartre… C’est bizarre,
Mars 1984 (surtout qu’on ne me rattrape pas, pas de flagrant délit d’exister…) Ma panique à propos d’un congrès de bioéthique à Louvain Bizarre cette indécision. Partir en disant qu’on ne part peut-être pas. Mettre le réveil à cinq heures du matin et prendre le train à 10 h 23, pour Bruxelles. Laisser le moment
1984 INDÉCISION Lire la suite »
Cette courte nouvelle décrit à sa façon les complications éducatives de l’après-divorce, mais sans analyses savantes. Plutôt en tentant de laisser passer quelques informations croisées à travers des mots empruntés à la vie de tous jours. Les conseils de classe, parlons-en. Sur le bulletin de Fiston III, ils avaient griffonné “section E conseillée” parce qu’il
1984 LES HOMMES DE LA FAMILLE (NOUVELLE) Lire la suite »
1er octobre 1977J’ai rêvé que Michel revenait ce matin, transformé en beau jeune homme-fille. Yeux plissés, désinvolte, accompagné d’une vieille dame. Il a passé, dit-il, un très bon week-end délicieux. Je lui dis : « Tu te rends compte que je t’ai attendu samedi ? »Je le regarde et je n’aime pas cet air de
1977 JE VAIS CHEZ L’ANALYSTE UNE ÉTOILE À MON NEZ Lire la suite »
25 mai 1981 Lundi. Sentiment d’avoir un cœur trop gros, qui cogne contre les côtes. Une façon de fumer suicidaire, une angoisse devant la moindre lettre à faire. – métier de distributrice de lettres. Je me vois comme Gaspard Hauser, muette, titubante, une enveloppe cachetée à la main, remplie d’un texte que quelqu’un d’autre aurait
C’est un groupe de retraités, et nous discutons spiritualité.La chose est assez distinguée. « Si je comprends bien vous avez tous un sacré problème avec la transcendance.Et moi j’ai un sacré problème avec l’absence de transcendance. »Je ronchonne car je trouve un monde sans transcendance parfaitement plat.(vous savez comme ces femmes que l’on dit plates
SPIRITUALITÉ (2012) Lire la suite »
JEUDI 29 OCTOBRE 1980 Ce soir, j’ai accompli tous les gestes de la vie quand on est sur la terre : un rituel simple, et cependant interminable, de pénétration dans la nuit et de conversation avec les choses. J’ai fermé les volets de ma chambre, remarqué la fraîcheur de la nuit, puis tiré les rideaux, en
1980 TOUSSAINT Lire la suite »
Ça y est, je travaille… je suis salariée. Changement de vie, encore que je veuille faire comme si rien, ou presque, n’avait changé. Plus de six mois ont passé. Encore un dimanche que j’ai passé à préparer ma mort c’est-à-dire à écrire, plutôt qu’à m’occuper des vivants, Clara et Bo, qui, l’un, regarde la télévision,
1981 ÇA Y EST, JE SUIS SALARIÉE Lire la suite »
Il y avait du vent à Paris quand je suis venue et je me dirigeais à pas assez lents vers le lieu de ma naissance, rue Blomet. Je voulais aussi passer voir un vieux Russe rue Péclet, qui, il y a un mois (à Angers), quand j’ai ôté mes lunettes noires, a vu mes yeux
ERRANCE A PARIS – 28 juin 1971 Lire la suite »
Sans doute vis-je assez bien mon incompétence et les angoisses qui accompagnent mon premier comité de rédaction. Du moins, maintenant que j’en suis sortie, est-ce avec une certaine satisfaction de moi-même que j’analyse mon aisance dans la perdition. Ma capacité/incapacité de supporter de ne pas dominer la situation, mon absence totale d’ambitions personnelles dans cette
1981 MON PREMIER COMITÉ DE RÉDACTION Lire la suite »
Embêtant de ne plus pouvoir emporter du bureauDes liasses de papier machine pour mes petits travaux perso.À Beaubourg, je remarque empilée une belle masse de feuilletsqui ne semblent noircis qu’au recto,Programme du lundi 17 janvier 2005, Tarifs/price,Heures/hours, Manifestations/events, Espace/areaMine de rien, l’air très distingué,J’en saisis une pleine poignée.Rentrée chez moi je les insèreDans mon imprimante,
MA RADINERIE (2005) Lire la suite »
… Il n’y avait rien dans la vie qui comptait pour moi que les mariages, les naissances et les enterrements. Maintenant, nous en étions au divorce. Nous sortions du Palais de justice. A un moment, je pense que Luc a eu un drôle de sentiment devant le juge qui (était-ce un juge d’instruction ? un ancien
UN DIVORCE SANS FAUTE EN 1978 Lire la suite »
C’est ainsi que passant de l’île à l’avenuela femelle de l’homme n’a pas trop de deux jambespour effectuer le pont et l’écart périlleuxqui la lie à deux mondes.À ma gauche est la meravec son chèvrefeuille enroulé à la vigneet la mauve qui grimpe au mur de pierres rosesimmeuble de lézards ces copropriétairesde mon identité lorsqu’au
NUL NE PEUT ACCEPTER (1977) Lire la suite »
L’homme, qu’est-ce qu’il dit ? C’est moi qui désire.La femme, qu’est-ce qu’elle dit ? C’est moi qui désire.Et elle ajoute : C’est moi, la femme, moi seule,Qui ai la clé du désir. L’homme, qu’est-ce qu’il dit quand il voit une femme désirer ?Oh là là ! Où ça va m’emmener ?Il n’en mène pas large.La
L’HOMME, QU’EST-CE QU’IL DIT ? Lire la suite »
Ma vie est sporadique je vais boire dans les creuxJe veille les temps morts j’espionne aux entre-deuxM’intéresse aux boiteux aux salles d’attente aux queuesJe guette aux autobus veille aux jours de souffranceRacle les interstices bois aux puits de distance m’enivre de non-lieuxJe suis mélancolique j’ai le spleen frénétiqueJ’attends les bouffées du ciel bleu Partagez0 Partages
JE VEILLE LES TEMPS MORTS (2005) Lire la suite »
Exposition des œuvres de Marie-Noëlle MATHIS, peintures, dessins et collages, initialement programmée en avril 2020 pour fêter en beauté ses presque 80 ans, et re-reportée du 12 au 14 juin 2021 en son atelier rue Boussingault, à sa mémoire, pour fêter ses œuvres et ses 81 ans. Partagez0 Partages
Exposition Marie-Noëlle MATHIS Lire la suite »
Vous aimeriez que quelqu’un vous réponde.Mais vous n’avez que Dieu à vous mettre sous la dent.(Et Dieu, c’est vraiment peu.) Vous fantasmez que vous êtes inaudible, car trop tonitruanteinaudible comme les prophètespire, vous soupçonnez que vous êtes de la graine des victimes émissairesde celles qu’on envoie au désert pour se charger de vos pulsions de
LA SAINTE CÉCILE DU BEL ALEXANDRIN PERDU Lire la suite »
IIls cherchent leur équilibreils cherchent leurs motsIls cherchent leurs mouchoirs Ils cherchent parfois leur têteOu bien ai-je pu la fourrer ? IIIls sont désordonnésmes petits personnagesun peu enfantinsun peu grammairiensun peu génies de la lampe d’Aladinun peu comme ci, un peu comme ça.Ils se déhanchentSavamment démantibulés. IIIAucun rapport, sinon d’aporieAucun lien, sinon de bizarrerieAucun accord, sinon
MES PETITS PERSONNAGES Lire la suite »
J’ai aimé ma vie. Lorsque j’entendscomme un reflux sonner dans mes tympansle bruit, le bruissement familierd’une fable de La Fontaineson buissonnement son chant du merle je me souviens alors comme si j’y étaisà quel point j’ai aimé la vieoù l’on me murmurait ces choses – ces sons qui continuenttout doucement obstinément de bruiredans mon par-cœur
HOMMAGE À LA FONTAINE Lire la suite »
Sous tes pas élastiquesbâillaient des intersticesChanson d’excavatricesle temps était très gristu franchis l’inconsciencece jour-là tu te disque dans ce lieu banalque brossaient les rafalesà l’église romanesonnait l’heure médianeentre asphalte et acierle milieu de ta viepassait sous ce pont grisles hommes t’adoraientquand tu faisais la fièrehélas c’était hiertu te sentis très fadeperdre ta cruautéquelle idée témérairetu
LE MILIEU DE TA VIE (2007) Lire la suite »
Quand tu viendras je t’emmèneraimarcher sur les quais. Tu verras.Comment va ton pied ? Sus à l’ouest.Salut vieux Pont-neuf. Je traverse.Quai du Louvre, dis-moi quelque chosePont Royal, quelle est ton histoire ?Et toi, port de la Conférence, d’où vientce nom évoquant la rencontreentre solennelles puissances ?Quoi ? Que dis-tu ? Qui que quoi qu’est-ce ?Que
PONTS DE PARIS – Pour JOACHIM (2020) Lire la suite »
Au sortir de la supéretteen relisant ma facturette, Un nouveau mot : Décagnottage. Je saute de joie.Nom d’un trottoir ! Il a plu. Macadam miroir.Poésie à tous les étages. Et patatras ! Ma semelle glisse.Je tombe par terre. En vrai ? En faux ? Comment savoir ?Il fallait une chute à ce texte. Partagez0 Partages
AU SORTIR DE LA SUPÉRETTE (2019) Lire la suite »
L’ange revient sur le pas de ma porte. Me prend au débotté. Me siffle :« Tu n’es plus douée tu n’es plus légère tu n’es plus reliéeAdieu le corps qui brille d’un éclat exquisPlus personne ne se traîne à tes piedsAdieu la traîne de la mariéeAdieu ta première vie. Adieu les mots qui te suivaient
TU N’ES PLUS DOUEE (1998) Lire la suite »
Il est joli ce velouté qui vole dans l’ivresseDe ses volutes emplumées comme un petit vélo !Je vois ses jambes s’agiter dans l’allégresse,Et, lorsque se déplie la musique des mots,Je vois un volant qui bondit dans les airs, une voileQui se rapproche élégamment du firmament.———————-L’écheveau des sonorités se dévide au galop.J’envie le petit dévolu qui
LE PETIT DÉVOLU Lire la suite »
Un soufflé qui retombe, un désir qui s’effrite, un pas qui se disperse, une façade lisse, l’enfance qui s’éternise, l’âge mûr qui s’excuse, pas moyen de sortir, aucun moyen d’entrerLe désir de voler, la tentation de fuir, la vie en patinant et en apesanteurLa vie sur un écran, la vie sans les odeursune pudeur extrême,
LA VRAIE CHOSE EST AILLEURS (2006) Lire la suite »
Lorsque mon corps mourra il n’y aura plus jamais sur la terre cette façon d’empoigner le monde plus jamais cette crudité-là plus personne ne ressentira ce que c’est qu’habiter être ce corps-là seule dans tout l’univers ma matière l’aura su A un homme du futur je lègue ce testament puisque je vais mourir je déclare
LORSQUE MON CORPS MOURRA (2009) Lire la suite »
Je suis au fond de mon lit avec d’horribles staphylocoques plein la gorge, un moral à toute épreuve et un examen de grec dimanche et lundi. On me fait subir toutes sortes de supplices comme le lavage de gorge au bock, et j’ai pour tout potage la compagnie de maman, qui se fait d’heure en
1960 PAPA M’EMMÈNE A LA SORBONNE Lire la suite »
Écarte le rideau pour y voir clair. S’assied.Se coupe les ongles de pied pliée en deux.Contemple une fois de plus le chantier d’en face à travers la fenêtre.Voit des mains qui manient une truelle mais la tête est cachée.S’interroge une fois de plus sur ce qu’est le flux psychique et sur ce qu’est le réelSe
ÉCARTE LE RIDEAU (2019) Lire la suite »
Dessins, peintures, collages, poèmes ils sont là par millierset nous les héritierson les aime Et nous allons les exposerles exhiberles faire buzzer à vos yeux ébahis Partagez0 Partages
L’oeuvre de Marie-Noëlle est bien vivante Lire la suite »
Son âme s’en est allée sur la côte sauvage de l’ile d’Yeu. Elle est morte dimanche 30 août 2020 en fin d’après-midi, d’un arrêt cardiaque, à 80 ans, en sortant de la plage de Ker Daniau, dans les bras de son fils aîné. facebook.com/marienoelle.mathis Partagez0 Partages
Nous avons l’immense tristesse de vous annoncer la mort de Marie-Noëlle MATHIS. Lire la suite »
J’imprime j’imprime j’imprime j’ai encore un peu d’encre bleue j’en profite au-dessus de ma tête quelqu’un roule des meubles mon voisin du dessous a des acouphènes il entend la nuit un moteur qui n’existe pas il monte contrôler chez moi s’il y a un objet ronfleur c’est un homme qui aime bien contrôler il colle
Tous les matins, j’interroge ma fenêtre que me racontes-tu, cher être ? cher ailleurs? Le géranium rose a fleuri pendant la nuit deux têtes la radio est en grève ; l’ampélopsis balance ses hampes au vent. RFI dit : ce matin sur Paris, très peu de pollution. Le vent souffle. J’attends oui j’attends l’employé qui doit venir changer
Au parc Montsouris (comme je vous l’ai dit) j’aime le charme commun le hêtre tortillard qui affichent leur état-civil en lettres blanches sur une petite pancarte. Ils ne font pas de cachotteries. Le ginkgo biloba quant à lui se pavane et raconte à qui veut l’entendre une histoire à dormir debout Il fut paraît-il sauvé
Le Ginko Biloba Lire la suite »
Ils cherchent leur équilibreils cherchent leurs motsIls cherchent leurs mouchoirs..Ils cherchent parfois leur têteOu bien ai-je pu la fourrer ?..Ils sont désordonnésIls se déhanchent..Ils sont gais, puérils,Agités, volubileIls me racontent des histoiresMais je n’y comprends rien.Ils se donnent des fesséesEnfin, c’est arrivé Veulent-ils me distraireDe mes grandes misères ? Je suis contente quand ils arrivent
Mes petits personnages Lire la suite »
Tous les matins, je cherche la phrase qui chante Elle ne vient pas. Tant pis. Quand elle vient, elle me dit : Oublie donc le verbe vouloir. C’est de lui dont tu souffres. Bois des litres d’eau claire. Baigne tes pieds dans les gouffres. Partagez0 Partages
OuBLIE dONC le verBe Vouloir Lire la suite »
Bonjour, monsieur Monet, que faites-vous donc là Le chevalet planté sur le pont de l’Europe ? Je peins. J’attends mon ami Caillebotte Celui qui peint ceux qui rabotent. J’attends aussi mon temps, mon heure. Mais que peignez-vous ? – La tranchée Où les Batignolles éventrées Laissent monter l’encens des fumées ferroviaires A la gloire du siècle
Bonjour monsieur Monet Lire la suite »