JANVIER 2004 ÉCRIRE LES OCCASIONS MANQUÉES

8 janvier 04. Exercice de style (ou d’expression sentimentale et française) Consigne  : Veuillez remplacer je vous prie dans le texte qui suit l’expression “ ça m’a fait quelque chose” ou “ ça m’a fait drôle ” par un verbe plus précis. Ça m’a fait drôle de me retrouver au Louvre avec Olga qui croquait devant un café […]

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1998 LA REINE DES ABEILLES (SOUFFRANCE AU BOULOT 2)

Jeanne qui me dit au téléphone : “Quoi ? Tu n’as toujours pas de secrétaire ! ! Et ça fait combien de temps ? Je compte sur mes doigts : “Michèle est partie le 1er mars… trois mois.” — Mais dépêche-toi d’envoyer une lettre recommandée, sinon on pourra dire que tu as accepté la situation ! Grouille ! ne laisse pas traîner !

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1998 L’ARTICLE SUR LA COMMUNICATION FAMILIALE PAR INTERNET

26 septembre 98 C’est demain dimanche Coup de fil d’Elisabeth : elle a installé Internet, Word etc. sur son macintosh à vendre, aujourd’hui elle a la voiture, elle me l’apporte ce soir. Moi, coup à l’estomac : ça s’appelle ferrer le poisson. “Pas du tout ce qui était convenu ! Tu devais m’inviter un soir chez toi, voir

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1997 UNE PETITE ÉTOILE BLANCHE

Sur le sym­bole une anec­dote d’a­do­les­cence m’est re­ve­nue dans la rue, une pe­tite his­toire sans im­por­tance, as­sez in­si­gni­fiante. J’Ž­étais en classe de pre­mière, je re­vois en­core le ta­blier bleu in­di­go à plis lâches, in­formes. Nous le pas­sions au-des­sus de l’u­ni­forme bleu ma­rine comme une robe de femme en­ceinte par-des­sus le cor­set de l’en­fance. Je me

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1997 MARS-AVRIL

Début mars 1997 Je marche derrière Beaubourg avec Clara, nous regardons la fontaine si drôle de Niki de Saint-Phalle et son comparse bricoleur (oublié son nom, vraiment je perds la mémoire). Pour elle, ce sont les vacances d’hiver. Moi, je viens de rentrer dare-dare de Toulouse, réveillée à huit heures du matin chez Chantal par

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1996 ENCORE UN RV RATÉ

  Le répondeur clignote. Toujours un peu peur des messages qui m’attendent quand je rentre. J’appuie. Un silence. Puis  : «  Ah oui c’est vrai… Euh… Marie-Noëlle, c’est Gilles à l’appareil… je reçois demain les enfants à déjeuner, et si tu avais voulu te joindre à nous… tu aurais été la bienvenue…Aujourd’hui samedi… Rappelle-moi.  »

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1997 FIN DU FORUM D’INITIATION LANDMARK (À CAUSE DE CLÉA)

Je crois que j’y ai été « pour lui faire plaisir ». Pour ne pas la perdre. Partager cela avec elle, avoir encore quelque chose à se dire. Ses propos dithyrambiques sur ce stage. Séduite. Attirée. Mais, dans sa façon d’en parler, un petit quelque chose me coince, comme si je n’avais aucune possibilité d’y échapper sans

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AH CE MOMENT SI INTÉRESSANT (Dans le RER) 2010

Ah ce moment si intéressant si intéressant si surprenant où assise sur mon siège de métro je m’inquiète car je me demande – oui, je me le demande – s’il est vraiment possible que je change de posture pour me mettre debout, sortir.   Ce moment de sacrum chatouillé d’électricité parcourue de fourmis frissonnantes comment

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1996 ESPRIT, ES-TU LÀ ? (DIEU, SAINTE-MARIE, LES HOMMES ET MOI)

Esprit es-tu là ? Je ne pense pas que Dieu m’a abandonnée, mais je pense qu’il me fait la gueule. Ce n’est pas une scène de ménage, mais une longue bouderie. Comme un malentendu pesant, sans récriminations directes. On vit ensemble mais on ne se parle plus. J’ai beaucoup de reproches à lui faire. C’est

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1985 HIVER

MERCREDI 13 FÉVRIER 1985. Ce soir, je rentre suffisamment tôt pour intercepter Rémy qui est là de passage. Son visage est sérieux. “Tout va bien…. vraiment très bien. (Au téléphone, il me disait la semaine dernière “tout baigne”). … Ça y est, je me suis installé chez Anne. un deux pièces à Montmartre… C’est bizarre,

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1984 INDÉCISION

Mars 1984 (surtout qu’on ne me rattrape pas, pas de flagrant délit d’exister…) Ma panique à propos d’un congrès de bioéthique à Louvain Bizarre cette indécision. Partir en disant qu’on ne part peut-être pas. Mettre le réveil à cinq heures du matin et prendre le train à 10 h 23, pour Bruxelles. Laisser le moment

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1984 LES HOMMES DE LA FAMILLE (NOUVELLE)

Cette courte nouvelle décrit à sa façon les complications éducatives de l’après-divorce, mais sans analyses savantes. Plutôt en tentant de laisser passer quelques informations croisées à travers des mots empruntés à la vie de tous jours. Les conseils de classe, parlons-en. Sur le bulletin de Fiston  III, ils avaient griffonné “section  E conseillée” parce qu’il

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1977 JE VAIS CHEZ L’ANALYSTE UNE ÉTOILE À MON NEZ

1er octobre 1977J’ai rêvé que Michel revenait ce matin, transformé en beau jeune homme-fille. Yeux plissés, désinvolte, accompagné d’une vieille dame. Il a passé, dit-il, un très bon week-end délicieux. Je lui dis : «  Tu te rends compte que je t’ai attendu samedi ? »Je le regarde et je n’aime pas cet air de

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MAI 1981

25 mai 1981 Lundi. Sentiment d’avoir un cœur trop gros, qui cogne contre les côtes. Une façon de fumer suicidaire, une angoisse devant la moindre lettre à faire. – métier de distributrice de lettres. Je me vois comme Gaspard Hauser, muette, titubante, une enveloppe cachetée à la main, remplie d’un texte que quelqu’un d’autre aurait

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SPIRITUALITÉ (2012)

C’est un groupe de retraités, et nous discutons spiritualité.La chose est assez distinguée. « Si je comprends bien vous avez tous un sacré problème avec la transcendance.Et moi j’ai un sacré problème avec l’absence de transcendance. »Je ronchonne car je trouve un monde sans transcendance parfaitement plat.(vous savez comme ces femmes que l’on dit plates

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1980 TOUSSAINT

JEUDI 29 OCTOBRE 1980 Ce soir, j’ai accompli tous les gestes de la vie quand on est sur la terre : un rituel simple, et cependant interminable, de pénétration dans la nuit et de conversation avec les choses. J’ai fermé les volets de ma chambre, remarqué la fraîcheur de la nuit, puis tiré les rideaux, en

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1981 MON PREMIER COMITÉ DE RÉDACTION

Sans doute vis-je assez bien mon incompétence et les angoisses qui accompagnent mon premier comité de rédaction. Du moins, maintenant que j’en suis sortie, est-ce avec une certaine satisfaction de moi-même que j’analyse mon aisance dans la perdition. Ma capacité/incapacité de supporter de ne pas dominer la situation, mon absence totale d’ambitions personnelles dans cette

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MA RADINERIE (2005)

Embêtant de ne plus pouvoir emporter du bureauDes liasses de papier machine pour mes petits travaux perso.À Beaubourg, je remarque empilée une belle masse de feuilletsqui ne semblent noircis qu’au recto,Programme du lundi 17 janvier 2005, Tarifs/price,Heures/hours, Manifestations/events, Espace/areaMine de rien, l’air très distingué,J’en saisis une pleine poignée.Rentrée chez moi je les insèreDans mon imprimante,

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JE VEILLE LES TEMPS MORTS (2005)

Ma vie est sporadique je vais boire dans les creuxJe veille les temps morts j’espionne aux entre-deuxM’intéresse aux boiteux aux salles d’attente aux queuesJe guette aux autobus veille aux jours de souffranceRacle les interstices bois aux puits de distance m’enivre de non-lieuxJe suis mélancolique j’ai le spleen frénétiqueJ’attends les bouffées du ciel bleu Partagez0 Partages

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LA SAINTE CÉCILE DU BEL ALEXANDRIN PERDU

Vous aimeriez que quelqu’un vous réponde.Mais vous n’avez que Dieu à vous mettre sous la dent.(Et Dieu, c’est vraiment peu.) Vous fantasmez que vous êtes inaudible, car trop tonitruanteinaudible comme les prophètespire, vous soupçonnez que vous êtes de la graine des victimes émissairesde celles qu’on envoie au désert pour se charger de vos pulsions de

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MES PETITS PERSONNAGES

IIls cherchent leur équilibreils cherchent leurs motsIls cherchent leurs mouchoirs Ils cherchent parfois leur têteOu bien ai-je pu la fourrer ? IIIls sont désordonnésmes petits personnagesun peu enfantinsun peu grammairiensun peu génies de la lampe d’Aladinun peu comme ci, un peu comme ça.Ils se déhanchentSavamment démantibulés. IIIAucun rapport, sinon d’aporieAucun lien, sinon de bizarrerieAucun accord, sinon

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HOMMAGE À LA FONTAINE

J’ai aimé ma vie. Lorsque j’entendscomme un reflux sonner dans mes tympansle bruit, le bruissement familierd’une fable de La Fontaineson buissonnement son chant du merle je me souviens alors comme si j’y étaisà quel point j’ai aimé la vieoù l’on me murmurait ces choses – ces sons qui continuenttout doucement obstinément de bruiredans mon par-cœur

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LE MILIEU DE TA VIE (2007)

Sous tes pas élastiquesbâillaient des intersticesChanson d’excavatricesle temps était très gristu franchis l’inconsciencece jour-là tu te disque dans ce lieu banalque brossaient les rafalesà l’église romanesonnait l’heure médianeentre asphalte et acierle milieu de ta viepassait sous ce pont grisles hommes t’adoraientquand tu faisais la fièrehélas c’était hiertu te sentis très fadeperdre ta cruautéquelle idée témérairetu

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PONTS DE PARIS – Pour JOACHIM (2020)

Quand tu viendras je t’emmèneraimarcher sur les quais. Tu verras.Comment va ton pied ? Sus à l’ouest.Salut vieux Pont-neuf. Je traverse.Quai du Louvre, dis-moi quelque chosePont Royal, quelle est ton histoire ?Et toi, port de la Conférence, d’où vientce nom évoquant la rencontreentre solennelles puissances ?Quoi ? Que dis-tu ? Qui que quoi qu’est-ce ?Que

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LE PETIT DÉVOLU

Il est joli ce velouté qui vole dans l’ivresseDe ses volutes emplumées comme un petit vélo !Je vois ses jambes s’agiter dans l’allégresse,Et, lorsque se déplie la musique des mots,Je vois un volant qui bondit dans les airs, une voileQui se rapproche élégamment du firmament.———————-L’écheveau des sonorités se dévide au galop.J’envie le petit dévolu qui

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Nous avons l’immense tristesse de vous annoncer la mort de Marie-Noëlle MATHIS.

Son âme s’en est allée sur la côte sauvage de l’ile d’Yeu. Elle est morte dimanche 30 août 2020 en fin d’après-midi, d’un arrêt cardiaque, à 80 ans, en sortant de la plage de Ker Daniau, dans les bras de son fils aîné. facebook.com/marienoelle.mathis Partagez0 Partages

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J’IMPRIME

J’imprime j’imprime j’imprime j’ai encore un peu d’encre bleue j’en profite au-dessus de ma tête quelqu’un roule des meubles mon voisin du dessous a des acouphènes il entend la nuit un moteur qui n’existe pas il monte contrôler chez moi s’il y a un objet ronfleur c’est un homme qui aime bien contrôler il colle

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Fenêtre

Tous les matins, j’interroge ma fenêtre que me racontes-tu, cher être ? cher ailleurs? Le géranium rose a fleuri pendant la nuit deux têtes la radio est en grève ; l’ampélopsis balance ses hampes au vent. RFI dit : ce matin sur Paris, très peu de pollution. Le vent souffle. J’attends oui j’attends l’employé qui doit venir changer

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Le Ginko Biloba

Au parc Montsouris (comme je vous l’ai dit) j’aime le charme commun le hêtre tortillard qui affichent leur état-civil en lettres blanches sur une petite pancarte. Ils ne font pas de cachotteries. Le ginkgo biloba quant à lui se pavane et raconte à qui veut l’entendre une histoire à dormir debout Il fut paraît-il sauvé

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Mes petits personnages

Ils cherchent leur équilibreils cherchent leurs motsIls cherchent leurs mouchoirs..Ils cherchent parfois leur têteOu bien ai-je pu la fourrer ?..Ils sont désordonnésIls se déhanchent..Ils sont gais, puérils,Agités, volubileIls me racontent des histoiresMais je n’y comprends rien.Ils se donnent des fesséesEnfin, c’est arrivé Veulent-ils me distraireDe mes grandes misères ? Je suis contente quand ils arrivent

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Bonjour monsieur Monet

Bonjour, monsieur Monet, que faites-vous donc là Le chevalet planté sur le pont de l’Europe ?  Je peins. J’attends mon ami Caillebotte Celui qui peint ceux qui rabotent. J’attends aussi mon temps, mon heure.   Mais que peignez-vous ? – La tranchée Où les Batignolles éventrées Laissent monter l’encens des fumées ferroviaires A la gloire du siècle

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Monsieur Vieux

Monsieur vieux bonnet bleu pourquoi t’oses pas, venir me déranger pour prendre la place assise contre la vitre à côté de moi dans le bus ? Pourquoi t’oses pas ? …Félix Faure. L’autobus se vide. Il avance. Me fait signe. Je me lève. Merci. A présent bien assis Monsieur vieux bonnet bleu le front contre la

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